Humanitalents a participé le vendredi 11 janvier dernier au colloque organisé par le C.R.P.P.C * sur le thème traumatismes et stress post-traumatiques dans le monde : regards et perspectives. L’occasion pour Laëticia de s’inspirer de diverses expériences de travail en dehors du secteur humanitaire auprès de personnes blessées, traumatisées en dehors du secteur de l’humanitaire mais qui pourraient s’appliquer dans la prise en compte des risques psychosociaux de professionnels humanitaires ayant vécu un incident critique.

Notre attention s’est particulièrement portée sur la façon dont la personne traumatisée peut se réadapter à son environnement social, et en premier lieu à son travail,  à partir de différents leviers lui permettant de développer ses capacités de résilience. Parmi eux, le modèle de prise en charge psychosociale développé en Belgique auprès de secouristes, inspiré du modèle 3D CRASH.

Le modèle CRASH est un outil d’aide à la décision pour les personnes ressources impliquées dans la prise en charge de la personne traumatisée qui permet de déterminer les outils d’intervention à utiliser en fonction de l’évènement à gérer. Par exemple, dans la prise en charge immédiate de la personne traumatisée (le « defusing »), le soutien entre collègues apparaît comme un élément clé de ce type de dispositif, à la fois spécifique, bienveillant et complémentaire à d’autres modalités d’intervention. Ce dernier nécessite donc un cadre clair dans lequel les personnes ressources non psychologues sont rigoureusement choisies (par vote et sur la base du volontariat) et formées en continu à l’évaluation de la situation psychologique dans laquelle se trouve leur collègue traumatisé.

Ce qui soigne, de prime abord, c’est donc bien la relation humaine et la qualité d’écoute reçue par des collègues formés à cette approche.

L’appel à un expert de la prise en charge psychologique peut donc intervenir à un autre stade de la réponse.

Une façon de mettre en avant que l’accompagnement de la personne traumatisée, même si elle repose sur ses ressources personnelles, engage aussi la responsabilité de chacun, collègues et employeurs dans la mise en place de dispositifs adaptés au contexte.

Un modèle inspirant pour les acteurs du secteur humanitaire qui pourraient être formés à ce type d’intervention en cas de survenue d’incidents critiques sur le terrain dans des contextes où la présence de professionnels en santé mentale fait parfois défaut.

* : Centre de recherche en psychologie et psychopathologie clinique de l’université Lyon 2